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Législatives 2024 : la gauche en tête d'une Assemblée nationale fragmentée et sans majorité

08 juillet 2024 ACTUALITÉ POLITIQUE
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Trois blocs politiques et aucune majorité. L'Assemblée nationale issue des élections législatives de 2024 est plus fragmentée qu'en 2022. Une situation qui risque de rendre la formation des majorités plus complexe.

Ces élections font suite à la dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron. La président de la République avait décidé cette dissolution après que son parti, Renaissance, soit arrivé en deuxième position aux élections européennes de juin 2024.

La gauche en tête

Le Nouveau Front Populaire (NFP), coalition de gauche, a remporté 182 sièges, suivi de la coalition présidentielle Ensemble avec 168 sièges.

Le Rassemblement national (RN) a gagné 143 sièges, soit une cinquantaine de plus qu'en 2022. Malgré cette progression, le RN n'a pas obtenu la majorité absolue en raison du front républicain et des reports de voix entre les électeurs de gauche et Renaissance.

Une Assemblée sans majorité et fragmentée

Dans cette nouvelle Assemblée, aucun des trois blocs principaux (NFP, Renaissance, RN) n'a la majorité absolue de 289 sièges. Il manque plus de 100 sièges au NFP, bloc le plus important, pour atteindre ce seuil.

Ces élections renforcent la fragmentation de l'Assemblée, avec une dispersion des forces politiques pouvant exercer une influence sur la prise de décision. Ainsi, cette nouvelle Assemblée nationale n'est plus dominée par un groupe politique mais est composée de blocs de taille similaire.

Implications pour l'Assemblée

Cette fragmentation rendra la formation des coalitions plus difficile car celles-ci nécessiteront la collaboration d'un plus grand nombre de groupes politiques. Depuis 2022, le groupe présidentiel, n'ayant plus de majorité, devait déjà conclure des accords sur certains textes. Cette tendance à la négociation et au compromis devrait s'intensifier à l'avenir pour faire adopter des lois.

Cette nouvelle situation devrait aussi recentrer le pouvoir à l'Assemblée nationale plutôt qu'à l'Élysée. La marge de manoeuvre d'Emmanuel Macron va considérablement diminuer, l'obligeant à composer avec davantage de groupes politiques. 

Enfin, bien que le Rassemblement national n'ait pas la majorité absolue, ses effectifs augmentent par rapport à 2022. Le parti d'extrême-droite continue de s'ancrer dans le paysage politique et parlementaire français, et devrait continuer de peser sur l'organisation de l'Assemblée nationale et le travail législatif.

 

Source photo : DIMITRIOS