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LÉGISLATURE 16 - VOTE n° 2165

L'amendement n° 336 de Mme Untermaier après l'article 3 du projet de loi d'orientation et de programmation du ministère de la justice 2023-2027 (première lecture).

REJETÉ
POUR 37
ABSTENTION 4
CONTRE 93

Résultat du vote

Les députés ont rejeté le 06 juillet 2023 l'amendement n° 336 de Mme Untermaier après l'article 3 du projet de loi d'orientation et de programmation du ministère de la justice 2023-2027 (première lecture).

Au total, 134 députés ont pris part au vote : 69 % ont voté contre, 28 % ont voté en faveur, et 3 % se sont abstenus.

Infos

Date 06 juillet 2023
Type de vote Amendement
Dossier Orientation et programmation du ministère de la justice 2023-2027

La position des groupes

POUR
La France insoumise - NUPES
Gauche démocrate et républicaine - NUPES
Écologiste - NUPES
Socialistes et apparentés - NUPES
CONTRE
Non inscrit
Horizons et apparentés
Les Républicains
Rassemblement National
Renaissance
Démocrate (MoDem et Indépendants)

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Date 06 juillet 2023
Type de vote Amendement
Dossier Orientation et programmation du ministère de la justice 2023-2027

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L'auteure de l'amendement

Un amendement est un texte, déposé par un ou plusieurs députés, qui vise à modifier un projet ou une proposition de loi. Il y a un auteur principal, mais un amendement peut être cosigné par plusieurs députés.

Cécile Untermaier

Cécile Untermaier

Saône-et-Loire (71)

Les votes des députés et des groupes

Exposé des motifs de l'amendement

L'objectif d'un amendement est de modifier ou d'ajouter une mesure d'un projet ou d'une proposition de loi. Le ou les députés qui rédigent l'amendement écrivent également un exposé des motifs.

Cet amendement du groupe socialistes  et apparentés reprend in extenso l'amendement déposé par Mesdames Faucillon et Abadie lors de l'examen en commission du présent projet. Cette initiative transpartisane est issue d'une longue réflexion visant à apporter une solution à un problème de taille : la surpopulation carcérale qui fait perdre tout son sens à la peine et favorise la récidive. Il est temps d'affronter ce problème. C'est ce que propose cet amendement. 


Le programme de construction de 15 000 nouvelles places de prison se poursuit à horizon 2027, année qui marquera également la fin du moratoire sur le respect du principe d’encellulement individuel qui existe dans notre droit depuis 1875 et n’a jamais été respecté. 

Dans ce cadre et dans la perspective de 2027, le présent amendement propose la mise en place progressive d’un mécanisme de régulation carcérale national, qui ne concerne que les maisons d’arrêt et quartier maison d’arrêt et s’inscrit dans une approche à la fois contraignante et réaliste. 

‒ Le I fixe l’objectif : d’ici le 1er juillet 2027, notre système pénitentiaire doit être sorti de la surpopulation carcérale qui l’accable aujourd’hui et qui obère son efficacité, réduisant drastiquement l’efficacité de la prise en charge des personnes détenues et donc l’efficacité de la lutte contre la récidive. À cette date, l’ensemble des maisons d’arrêt et des quartiers maison d’arrêt des centres pénitentiaires devra respecter une densité carcérale de 100 % ou moins. Ce respect de 100 % de densité carcérale permettra ensuite, d’ici la fin de l’année 2027, de garantir le respect du principe de l’encellulement individuel dans les maisons d’arrêt, dont on estime qu’il correspond, sur l’ensemble du parc pénitentiaire, à un placement d’environ 80 % des personnes détenues en cellule individuelle, compte tenu des dérogations autorisées par les articles L. 213-5 et L. 213-6 du code pénitentiaire tenant notamment aux demandes formulées par les personnes détenues ou en fonction de leurs situations personnelles ou professionnelles. 

Pour parvenir à cet objectif, le I fixe également des objectifs intermédiaires. Ainsi, chaque maison d’arrêt ou chaque quartier maison d’arrêt dont la densité carcérale est supérieure à 100 % devra progressivement, à raison d’un tiers par année, réduire la part des personnes qui sont détenues en surnombre. Par exemple, un établissement qui connait une densité carcérale de 130 % devra avoir atteint une densité carcérale de 120 % au 1er juillet 2025, de 110 % au 1er juillet 2026 et de 100 % au 1er juillet 2027. 

Afin de faciliter cette réduction progressive de la surpopulation, le dernier alinéa du I prévoit que des conventions sont signées entre les tribunaux et l’administration pénitentiaire, comme cela se fait d’ailleurs déjà dans certains ressorts. Pour garantir l’efficacité des partenariats établis dans le cadre de ces conventions, il précise que l’administration pénitentiaire devra transmettre, sur un rythme au minimum hebdomadaire, des statistiques sur la situation des établissements pénitentiaires et sur l’occupation des places.

‒ S’inspirant du dispositif mis en œuvre par le Gouvernement pendant la crise sanitaire liée au Covid-19, le II prévoit une « solution de secours » pour le cas où les objectifs intermédiaires de réduction de la surpopulation carcérale n’auraient pas été atteints dans les délais impartis par le présent article. Ainsi, si la coopération entre l’autorité judiciaire, l’administration pénitentiaire et les services d’insertion et de probation, organisée dans le cadre des conventions prévues au I, n’a pas suffi à respecter ces objectifs, alors ils sont atteints par un mécanisme « de secours ». 

Comme cela a été fait en 2020, ce mécanisme passe par une réduction supplémentaire de peine accordée par le juge de l’application des peines, cette fois en raison des circonstances exceptionnelles liées à la surpopulation carcérale et dans la limite des octrois nécessaires à l’atteinte des taux de densité carcérale fixés par la loi. Tout comme en 2020, ce dispositif prévoit toutefois des exclusions permettant de garantir que les détenus les plus dangereux ne bénéficient pas de cette réduction supplémentaire de peine. 

‒ Enfin, le III fixe la règle qui prévaudra à compter du 1er juillet 2027, quand la densité carcérale sera redescendue à 100 %, afin de garantir qu’elle demeure durablement à ce niveau ou en-deçà. Pour éviter qu’il soit impossible d’incarcérer une nouvelle personne condamnée ou prévenue, chaque établissement concerné devra réserver une partie de ses places, idéalement au sein du quartier arrivant, pour accueillir les nouveaux écrous prononcés par l’autorité judiciaire. Afin de conserver ces places libres pour de futures incarcérations, une personne détenue ou prévenue, occupant une place en dehors de ce quartier réservé, devra être libérée par le juge de l’application des peines, sous un délai, par exemple de dix ou quinze jours, qui devra être fixé par voie réglementaire. Si ce mécanisme de régulation ne suffit pas à permettre le respect du taux de 100 % de densité carcérale, alors le « mécanisme de secours » pourra de nouveau être employé. 

Source : Amendement sur le site de l'Assemblée nationale

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