LÉGISLATURE 16 - VOTE n° 3912

L'amendement n° 1619 de Mme Manon Meunier à l'article 8 du projet de loi d'orientation pour la souveraineté alimentaire et agricole et le renouvellement des générations en agriculture (première lecture).

ADOPTÉ
POUR 46
ABSTENTION 0
CONTRE 37

Résultat du vote

Les députés ont adopté le 23 mai 2024 l'amendement n° 1619 de Mme Manon Meunier à l'article 8 du projet de loi d'orientation pour la souveraineté alimentaire et agricole et le renouvellement des générations en agriculture (première lecture).

Au total, 83 députés ont pris part au vote : 55 % ont voté en faveur, 45 % ont voté contre, et 0 % se sont abstenus.

Infos

Date 23 mai 2024
Type de vote Amendement
Dossier Souveraineté en matière agricole et renouvellement des générations en agriculture

La position des groupes

POUR
Les Républicains
Rassemblement National
La France insoumise - NUPES
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires
Écologiste - NUPES
Socialistes et apparentés
CONTRE
Horizons et apparentés
Renaissance
Démocrate (MoDem et Indépendants)

Infos

Date 23 mai 2024
Type de vote Amendement
Dossier Souveraineté en matière agricole et renouvellement des générations en agriculture

En savoir plus

L'auteure de l'amendement

Un amendement est un texte, déposé par un ou plusieurs députés, qui vise à modifier un projet ou une proposition de loi. Il y a un auteur principal, mais un amendement peut être cosigné par plusieurs députés.

Manon Meunier

Manon Meunier

Haute-Vienne (87)

Les votes des députés et des groupes

Exposé des motifs de l'amendement

L'objectif d'un amendement est de modifier ou d'ajouter une mesure d'un projet ou d'une proposition de loi. Le ou les députés qui rédigent l'amendement écrivent également un exposé des motifs.

Par cet amendement, le groupe parlementaire LFI-NUPES souhaite améliorer les conditions de prise en charge du congé maternité pour les agricultrices favorisant ainsi l’installation de femmes, indispensable au renouvellement des générations.

Cette loi d’orientation doit être une opportunité d’installer de nombreux agriculteurs dans une démarche de production agricole favorable à l’environnement et à la biodiversité tout en les soutenant grâce à des prestations sociales de qualité.

En effet, les grossesses et l’arrivée des enfants sont parmi les plus grands freins à l'installation d’agricultrices. Il est absolument impossible de gérer une exploitation les derniers mois de la grossesse et les premiers mois après l'accouchement. Il est très difficile de gérer une exploitation les premiers mois de la grossesse et la première année de l'enfant. Ces difficultés sont liées d’une part à la fatigue physique (changements hormonaux, physiologiques et physiques, manque de sommeil, suites de couches et conséquences de l'accouchement et de l’allaitement éventuel, etc.) et d’autre part à la charge mentale et émotionnelle (stress, gestion administrative et de la vie quotidienne chamboulée, éventuels autres enfants, organisation des modes de garde, visites et suivis médicaux, baby blues voire dépression post partum, etc). Ainsi, ce sont environ deux années comprises entre le début de la grossesse et la première année de l'enfant qui sont tout à fait incompatibles avec la gestion d’une exploitation.

Il est d’ailleurs proposé aux agricultrices une allocation de remplacement (paiement de la charge d'un salarié agricole) pendant la durée du congé maternité ou le versement d'une allocation. Cependant, cette durée est largement insuffisante et ne correspond en rien à la réalité de la maternité. De plus, cette aide ne permet pas d’encourager l’installation agricole de manière générale alors qu’il serait possible de générer des vocations à l’installation par ce biais.

Afin de réellement soutenir des installations agricoles nombreuses, les femmes doivent pouvoir, à tout âge, s'installer si elles le souhaitent. Pour cela, en raison de la spécificité de la grossesse et de la réalité sociologique selon laquelle la charge de travail liée à la famille reste en France majoritairement assumée par les femmes, cet amendement propose une aide spécifique pour les agricultrices. Il s’agit d’adapter le service de remplacement au congé maternité par la mise en place d'un remplacement avec tuilage et heures adaptées aux capacités physiques de la personne enceinte. Cela contribuera à limiter les effets économiques négatifs (perte de revenu, perte d'exploitation, difficultés à assurer la garde des enfants) de la grossesse et de l’éducation des enfants pour les transformer en opportunité d’installer plus d’agricultrices et ainsi assurer le renouvellement des générations.

De plus, ces dispositions, au-delà de soutenir l'installation d’agricultrices, sont l'occasion de former des salariés agricoles en capacité de gérer des exploitations voire de pérenniser des emplois dans les exploitations où ceux-ci seront intervenus. La dégressivité de la prise en charge du salarié agricole, permet d'inciter à son maintien dans l’exploitation au-delà des neufs mois de l'enfant et par-là de favoriser l'augmentation éventuelle du chiffre d’affaires propice à la pérennisation de cet emploi. En cas de non pérennisation de l'emploi, cette expérience professionnelle pourra constituer un tremplin, une expérience pour une installation future.

Source : Amendement sur le site de l'Assemblée nationale

En savoir plus

Les derniers votes décryptés par Datan