L'amendement n° 1 de Mme Duby-Muller à l'article premier de la proposition de loi portant réparation des personnes condamnées pour homosexualité entre 1945 et 1982 (deuxième lecture).
REJETÉRésultat du vote
Les députés ont rejeté le 18 décembre 2025 l'amendement n° 1 de Mme Duby-Muller à l'article premier de la proposition de loi portant réparation des personnes condamnées pour homosexualité entre 1945 et 1982 (deuxième lecture).
Au total, 82 députés ont pris part au vote : 71 % ont voté contre, 9 % ont voté en faveur, et 21 % se sont abstenus.
Infos
| Date | 18 décembre 2025 | |
| Type de vote | Amendement | |
| Dossier | Proposition de loi portant réparation des personnes condamnées pour homosexualité entre 1945 et 1982 |
La position des groupes
Les votes des députés et des groupes
Exposé des motifs de l'amendement
L'objectif d'un amendement est de modifier ou d'ajouter une mesure d'un projet ou d'une proposition de loi. Le ou les députés qui rédigent l'amendement écrivent également un exposé des motifs.
Cet amendement propose de revenir à une approche juridiquement et historiquement plus rigoureuse de la reconnaissance de la responsabilité de l’État.
Il vise, en premier lieu, à ne pas soumettre à un régime identique de responsabilité des normes appliquées dans des contextes profondément différents, entre le régime de Vichy, de 1942 à 1944, et les institutions républicaines de 1945 à 1982. La répression mise en œuvre sous Vichy procédait d’une politique d’État systémique et assumée, fondée sur une idéologie ouvertement homophobe, qui ne saurait être assimilée aux discriminations ultérieures, aussi réelles et condamnables soient-elles. Cette distinction est d’ailleurs largement reconnue par les travaux de recherche en sciences sociales.
Cet amendement propose également de rétablir la référence à la République française, en lieu et place de celle à la Nation retenue par l’Assemblée nationale, afin d’affirmer de manière explicite et juridiquement lisible la responsabilité de la puissance publique, tout en conservant la mention de la « violation du droit au respect de la vie privée ».
Enfin, il supprime toute référence à un mécanisme de réparation financière, lequel soulève d’importantes difficultés juridiques. Une telle indemnisation se heurte en effet tant au principe de l’amnistie de 1981 qu’aux règles de prescription de droit commun, et ne saurait, au surplus, découler directement de l’application d’une loi pénale, mais uniquement de la mise en jeu de la responsabilité pour faute de l’État, conformément à la jurisprudence du Conseil d’État.
Source : Amendement sur le site de l'Assemblée nationale