L'amendement n° 368 de M. Belhamiti après l'article 12 du projet de loi visant à donner à la douane les moyens de faire face aux nouvelles menaces (première lecture).
ADOPTÉRésultat du vote
Les députés ont adopté le 21 juin 2023 l'amendement n° 368 de M. Belhamiti après l'article 12 du projet de loi visant à donner à la douane les moyens de faire face aux nouvelles menaces (première lecture).
Au total, 102 députés ont pris part au vote : 89 % ont voté en faveur, 0 % ont voté contre, et 11 % se sont abstenus.
Infos
| Date | 21 juin 2023 | |
| Type de vote | Amendement | |
| Dossier | Donner à la douane les moyens de faire face aux nouvelles menaces |
Résumé de l'amendement
Cet amendement vise à permettre à la justice de mener des enquêtes plus poussées pendant 96 heures maximum pour lutter contre la criminalité organisée en matière douanière. Les méthodes utilisées par ces groupes sont similaires à celles du trafic de stupéfiants, ce qui rend difficile leur identification et leur démantèlement. Le Conseil constitutionnel avait déjà considéré que ces faits étaient suffisamment graves et complexes pour justifier l'utilisation de techniques spéciales d'enquête.
Ce texte est un résumé de l'exposé des motifs rédigé par l'auteur de l'amendement.
La position des groupes
Les votes des députés et des groupes
Exposé des motifs de l'amendement
L'objectif d'un amendement est de modifier ou d'ajouter une mesure d'un projet ou d'une proposition de loi. Le ou les députés qui rédigent l'amendement écrivent également un exposé des motifs.
Les diagnostics de délinquance sont unanimes sur le développement sans précédent d'une criminalité organisée en matière douanière portant gravement atteinte à la sécurité publique, à la santé publique et aux finances publiques.
L’identification, la connaissance et le démantèlement de ces groupements ou réseaux structurés posent des problèmes complexes à la justice, car les méthodes utilisées sont les mêmes qu'en matière de trafic de stupéfiants : convois avec véhicule ouvreur, changements fréquents de téléphones, recours à des menaces et extorsions pour régler les dettes.
La multiplicité des intervenants et la complexité des faits rend nécessaire la possibilité de pouvoir mener des investigations pendant 96 heures au maximum, en gardant les personnes mises en cause à la disposition des enquêteurs, le tout sous contrôle judiciaire.
Dans sa décision n° 2013-679 DC du 4 décembre 2013 portant sur la loi relative à la lutte contre la fraude fiscale et la grande délinquance économique et financière, le Conseil constitutionnel considérait déjà les faits visés au dernier alinéa de l'article 414 du code des douanes comme suffisamment graves et complexes pour justifier la possibilité de recourir à l'ensemble des techniques spéciales d'enquête prévues au titre XXV du code de procédure pénale. Cependant, la mesure proposée était alors associée à d'autres infractions ne remplissant pas ces critères de proportionnalité, ce qui avait conduit le Conseil constitutionnel à écarter la possibilité de recourir aux dispositions de l'article 706-88 du code de procédure pénale (garde à vue de 96 heures), sans opérer de distinction pour le dernier alinéa de l'article 414 du code des douanes.
Le présent amendement vise donc à réparer cet oubli pour permettre à la justice de rechercher les auteurs des délits les plus graves du code des douanes lorsqu'ils sont commis en bande organisée. La peine encourue pour ces infractions est de dix ans d'emprisonnement. Cela permettra notamment de mieux lutter contre le trafic de tabac en bande organisé qui est l'un des objectifs majeurs de ce projet de loi.
Source : Amendement sur le site de l'Assemblée nationale