LÉGISLATURE 16 - VOTE n° 655

L'amendement n° 117 de Mme Keloua Hachi et l'amendement identique suivant à l'article unique de la proposition de loi visant à assouplir les conditions d'expulsion des étrangers constituant une menace grave pour l'ordre public (première lecture).

ADOPTÉ
POUR 120
ABSTENTION 0
CONTRE 61

Résultat du vote

Les députés ont adopté le 01 décembre 2022 l'amendement n° 117 de Mme Keloua Hachi et l'amendement identique suivant à l'article unique de la proposition de loi visant à assouplir les conditions d'expulsion des étrangers constituant une menace grave pour l'ordre public (première lecture).

Au total, 181 députés ont pris part au vote : 66 % ont voté en faveur, 34 % ont voté contre, et 0 % se sont abstenus.

Infos

Date 01 décembre 2022
Type de vote Amendement
Dossier Assouplir les conditions d’expulsion des étrangers constituant une menace grave pour l’ordre public

La position des groupes

POUR
Horizons et apparentés
Renaissance
La France insoumise - NUPES
Gauche démocrate et républicaine - NUPES
Écologiste - NUPES
Démocrate (MoDem et Indépendants)
Socialistes et apparentés - NUPES
CONTRE
Les Républicains
Rassemblement National

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Date 01 décembre 2022
Type de vote Amendement
Dossier Assouplir les conditions d’expulsion des étrangers constituant une menace grave pour l’ordre public

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L'auteure de l'amendement

Un amendement est un texte, déposé par un ou plusieurs députés, qui vise à modifier un projet ou une proposition de loi. Il y a un auteur principal, mais un amendement peut être cosigné par plusieurs députés.

Fatiha Keloua Hachi

Fatiha Keloua Hachi

Seine-Saint-Denis (93)

Les votes des députés et des groupes

Exposé des motifs de l'amendement

L'objectif d'un amendement est de modifier ou d'ajouter une mesure d'un projet ou d'une proposition de loi. Le ou les députés qui rédigent l'amendement écrivent également un exposé des motifs.

Le présent amendement vise à supprimer l’article unique de la présente proposition de loi, et vise à conserver en l’état les cas peu nombreux énumérés par la loi, rendant plus difficile l’expulsion de personnes étrangères, séjournant régulièrement en France, ayant commis une infraction. Ces exceptions concernent notamment les parents d’enfants français, les personnes mariées avec un conjoint de nationalité française, ou les résidents réguliers en France depuis plus de 10 ans, et dont la vie est donc en France. Les exceptions existantes sont aussi fondées sur des critères de vulnérabilité, et concernent par exemple les étrangers victimes d'accident du travail, de maladie professionnelle, et dont le taux d’incapacité est élevé. 

Tout d’abord, ces "exceptions" dont le nombre est limité n’empêchent, de fait, pas l’expulsion des personnes concernées mais laissent le soin au juge de la prononcer si il constate la "nécessité impérieuse pour la sûreté de l'État ou la sécurité publique". La suppression des dispositions existantes n’est donc pas justifiée, puisque les personnes concernées restent de fait expulsables, en l’état actuel de la loi. 

Loin d’être un moyen pour lutter efficacement contre la délinquance, qu'elle soit le fait d’une personne de nationalité française ou étrangère, les dispositions de cet article sont, de plus, manifestement contraires à la Convention européenne des droits de l’Homme, en son article 8 qui entérine le droit au respect de la vie privée et familiale. En ce sens, les dispositions d’un tel article sont non seulement le reflet d’une rhétorique dangereuse, amalgamant sans cesse délinquance et étrangers, dommageable pour notre modèle républicain, mais elles sont aussi contraires à des normes, qui sont des supports de la protection de l’intégration des étrangers. 

C’est pourquoi cet amendement propose de supprimer l’article unique de cette loi.

 

Source : Amendement sur le site de l'Assemblée nationale

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