L'amendement n° 2088 de M. Coquerel après l'article 3 du projet de loi de finances pour 2020 (première lecture).
REJETÉRésultat du vote
Les députés ont rejeté le 17 octobre 2019 l'amendement n° 2088 de M. Coquerel après l'article 3 du projet de loi de finances pour 2020 (première lecture).
Au total, 53 députés ont pris part au vote : 89 % ont voté contre, 11 % ont voté en faveur, et 0 % se sont abstenus.
La position des groupes
Les votes des députés et des groupes
Exposé des motifs de l'amendement
L'objectif d'un amendement est de modifier ou d'ajouter une mesure d'un projet ou d'une proposition de loi. Le ou les députés qui rédigent l'amendement écrivent également un exposé des motifs.
Cet amendement vise à rétablir l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et à supprimer en conséquence l’impôt sur la fortune immobilière (IFI).
La suppression de l’ISF et son remplacement par l’IFI a été l’un des grands marqueurs de ce début de quinquennat.
Se faisant le Gouvernement entendait d’abord complaire aux citoyens les plus fortunés de ce pays, en délestant ces derniers du devoir de participation à l’effort national que l’ISF représentait.
Une suppression de l’ISF largement contestée par une majorité de nos concitoyens, et dont l’abrogation a été demandée sur de nombreux ronds-points de France lors de la mobilisation des « gilets jaunes ».
Selon un sondage IFOP de janvier 2019, c’est près de 77 % des français qui se disaient favorables à un rétablissement de l’ISF, dont près de 61 % des sondés se disant par ailleurs proches d’En Marche. Une mesure de justice fiscale conforme donc à la volonté du peuple français, profondément épris d’égalité, mais également intéressante d’un point de vue économique.
En effet, pour répondre à cette demande, Emmanuel Macron avait promis d’évaluer la suppression de l’ISF. Cette évaluation a été pilotée par France Stratégie, organisme dépendant des services du Premier ministre. Malgré cette absence d’indépendance, l’évaluation n’a pas fait ressortir le moindre effet positif sur l’économie et sur les investissements. L’étude confirme cependant que cette réforme a bénéficié aux plus riches, leur octroyant un gain moyen de 6 500 euros par an...
L’évaluation comporte également un volet qualitatif intéressant. Le comité d’évaluation a ainsi recensé, via un questionnaire, « les observations et l’opinion » de près d’une centaine de gestionnaires de patrimoines sur le comportement de leurs clients. On y apprend que « cette réforme n’aurait pas fortement modifié la composition [de leurs] investissements » en 2018. Les plus riches auraient même eu plutôt tendance à « utiliser pour des dépenses courantes » ce cadeau fiscal, certains gestionnaires expliquant par exemple que les bénéficiaires de ces réformes ont utilisé l’argent économisé « pour se faire plaisir »…
Si nous pouvons nous réjouir du plaisir de ces privilégiés, celui-ci ne doit pas s’organiser au détriment du reste de la population. Or, fin 2020, la facture de la suppression de l’ISF s’élèvera à 10 milliards d’euros en cumulé ! Il faut d’urgence récupérer cet argent pour le redistribuer à ceux qui ne peuvent pas « se faire plaisir » mais seulement survivre.
Source : Amendement sur le site de l'Assemblée nationale