L'amendement n° 27 de M. Arenas à l'article 3 de la proposition de loi visant à soutenir l'engagement bénévole et simplifier la vie associative (première lecture).
REJETÉRésultat du vote
Les députés ont rejeté le 31 janvier 2024 l'amendement n° 27 de M. Arenas à l'article 3 de la proposition de loi visant à soutenir l'engagement bénévole et simplifier la vie associative (première lecture).
Au total, 86 députés ont pris part au vote : 77 % ont voté contre, 23 % ont voté en faveur, et 0 % se sont abstenus.
Infos
| Date | 31 janvier 2024 | |
| Type de vote | Amendement | |
| Dossier | Soutenir l’engagement bénévole et simplifier la vie associative |
La position des groupes
Les votes des députés et des groupes
Exposé des motifs de l'amendement
L'objectif d'un amendement est de modifier ou d'ajouter une mesure d'un projet ou d'une proposition de loi. Le ou les députés qui rédigent l'amendement écrivent également un exposé des motifs.
Par cet amendement, les député.es membres du groupe LFI-Nupes demandent à ce que soient exclues du mécénat de compétences les fondations d'entreprise.
Pour pallier ses défaillances, l'Etat appelle de plus en plus des bénévoles et associations à assumer la charge de missions qu'assuraient autrefois la puissance publique. Face à la diminution des ressources subventionnelles directes, ces dernières doivent diversifier leurs ressources en sollicitant les dons privés.
"Voler en grand et restituer en petit, c'est la philanthropie", disait en 1887 Paul Lafargue. C'est en raison du retrait de l'Etat et des services publics que prospère le modèle philanthropique par lequel les entreprises s'érigent en "figures modèles" et participent à définir l'intérêt général hors de tout contrôle politique. Les orientations retenues dépendent de l'arbitraire de ceux qui possèdent les entreprises et de leurs lubies. Cette dépendance mène à des choix créateurs d'inégalité.
Le mécénat de compétences pourrait être un outil vertueux permettant à des bénévoles de s'engager durablement et sur leurs temps de travail. Tel qu'il est mobilisé aujourd'hui, il est un avatar de l'idéologie philanthropiste : il participe à faire primer les besoins des entreprises sur ceux des associations ou des personnes qui s'engagent dans la participation associative via ce dispositif.
Le mécénat de compétences concerne certains profils salariés particuliers : des personnes en fin de carrière, des séniors à temps partiel, des salariés en souffrance liée à leurs conditions de travail ou à un conflit éthique avec l'activité de l'entreprise.
Les entreprises y voient d'abord un moyen de renforcer les liens avec leur environnement (institutionnel, économique, associatif) immédiat et de communiquer sur leur politique "RSE" : c'est donc un outil d'influence qui leur permet de s'affirmer comme acteur légitime pour intervenir dans le domaine de l'intérêt général. Elles y voient ensuite un outil de "gestion de ressources humaines" afin d'évacuer temporairement certains salariés.
Les fondations d'entreprise sont les acteurs centraux du développement de cette charité à la main des actionnaires qui vient définir des objectifs sociaux en se soustrayant à la délibération politique. Elles sont le relai de la stratégie d'influence de l'entreprise. Soit en accueillant directement des salariés dans le dispositif pour mener des actions, soit en hébergeant des postes pour gérer le dispositif.
Pour que le mécénat de compétences puisse véritablement être mobilisé au service des besoins des associations et des aspirations des salariés s'y engageant, il convient de neutraliser autant que possible les effets de son instrumentalisation par les entreprises.
Pour toutes ces raisons, les député.es membres du groupe LFI-Nupes demandent que les fondations d'entreprises soient exclues du dispositif qu'est le mécénat de compétences.
Source : Amendement sur le site de l'Assemblée nationale