L'amendement n° 12 de M. Dragon à l'article 2 de la proposition de loi visant à prévenir le mal-être et le risque suicidaire dans le monde agricole (première lecture).
REJETÉRésultat du vote
Les députés ont rejeté le 04 juin 2026 l'amendement n° 12 de M. Dragon à l'article 2 de la proposition de loi visant à prévenir le mal-être et le risque suicidaire dans le monde agricole (première lecture).
Au total, 75 députés ont pris part au vote : 60 % ont voté contre, 32 % ont voté en faveur, et 8 % se sont abstenus.
Infos
| Date | 04 juin 2026 | |
| Type de vote | Amendement | |
| Dossier | Protéger la santé mentale des agricultrices et des agriculteurs |
Résumé de l'amendement
Cet amendement vise à confier au guichet unique départemental de santé mentale agricole la mission de recueillir de manière confidentielle les témoignages d'agriculteurs signalant un impact psychologique préoccupant lié à des contrôles administratifs ou environnementaux menés par diverses autorités (OFB, DDT, services vétérinaires, organismes payeurs de la PAC).
Les auteurs de l'amendement estiment que plusieurs rapports parlementaires et administratifs récents (mission IGEDD/CGAAER, mission du Sénat sur l'OFB, Cour des comptes) ont documenté que certains contrôles pouvaient avoir des effets psychologiques préoccupants sur les agriculteurs. Cette mission supplémentaire permettrait de documenter et de suivre ces problématiques de manière structurée.
Ce texte est un résumé de l'exposé des motifs.
La position des groupes
Les votes des députés et des groupes
Exposé des motifs de l'amendement
L'objectif d'un amendement est de modifier ou d'ajouter une mesure d'un projet ou d'une proposition de loi. Le ou les députés qui rédigent l'amendement écrivent également un exposé des motifs.
Cet amendement vise à compléter les missions du guichet unique départemental de santé mentale agricole en lui confiant la possibilité de recueillir, de manière confidentielle, les témoignages d’agriculteurs faisant état d’un impact psychologique préoccupant lié au déroulement d’un contrôle administratif ou environnemental (OFB, DDT, services vétérinaires, organismes payeurs de la PAC, etc.).
Les rapports parlementaires et administratifs récents, mission conjointe IGEDD/CGAAER (2023-2024), mission d’information du Sénat sur l’OFB, Cour des comptes, ont documenté que certains contrôles pouvaient provoquer chez les exploitants un niveau de stress aigu, un sentiment de stigmatisation, voire de dépression ou de détresse personnelle, en particulier lorsque les interventions étaient perçues comme brutales, inexpliquées ou disproportionnées.
De nombreux témoignages recueillis par la MSA, les chambres d’agriculture ou les organisations professionnelles font état d'agriculteurs ayant vécu ces contrôles comme un « choc psychologique », parfois suffisamment intense pour déclencher des épisodes anxieux, de l’insomnie ou un isolement aggravé.
La mission interministérielle IGEDD/CGAAER a explicitement souligné la nécessité d’un retour d’expérience structuré, permettant :
- d’objectiver les situations problématiques,
d’identifier les zones de tension,
d’améliorer la posture des agents,
et d’harmoniser les pratiques en conformité avec les principes de proportionnalité, pédagogie et respect, réaffirmés dans les circulaires gouvernementales de 2024.
En l’état, aucun dispositif ne centralise ces signalements. Les agriculteurs n’ont souvent aucune instance dédiée vers laquelle se tourner pour exprimer l’impact psychologique du contrôle, ce qui contribue au sentiment d’abandon et de solitude, reconnu comme un facteur de risque majeur dans le suicide agricole (MSA : +30 à +40 % de surmortalité).
Source : Amendement sur le site de l'Assemblée nationale