LÉGISLATURE 16 - VOTE n° 1126

L'amendement n° 1 de M. Saulignac à l'article unique de la proposition de loi visant à étendre le champ d'application de la peine complémentaire obligatoire d'inégibilité aux cas de condamnation pour des violences aggravées ayant entraîné une incapacité temporaire de huit jours ou moins (première lecture).

REJETÉ
POUR 60
ABSTENTION 25
CONTRE 182

Résultat du vote

Les députés ont rejeté le 07 mars 2023 l'amendement n° 1 de M. Saulignac à l'article unique de la proposition de loi visant à étendre le champ d'application de la peine complémentaire obligatoire d'inégibilité aux cas de condamnation pour des violences aggravées ayant entraîné une incapacité temporaire de huit jours ou moins (première lecture).

Au total, 267 députés ont pris part au vote : 68 % ont voté contre, 22 % ont voté en faveur, et 9 % se sont abstenus.

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Date 07 mars 2023
Type de vote Amendement

La position des groupes

POUR
Les Républicains
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires
Gauche démocrate et républicaine - NUPES
Écologiste - NUPES
Socialistes et apparentés - NUPES
CONTRE
Rassemblement National
Renaissance
Démocrate (MoDem et Indépendants)

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Date 07 mars 2023
Type de vote Amendement

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L'auteur de l'amendement

Un amendement est un texte, déposé par un ou plusieurs députés, qui vise à modifier un projet ou une proposition de loi. Il y a un auteur principal, mais un amendement peut être cosigné par plusieurs députés.

Hervé Saulignac

Hervé Saulignac

Ardèche (07)

Les votes des députés et des groupes

Exposé des motifs de l'amendement

L'objectif d'un amendement est de modifier ou d'ajouter une mesure d'un projet ou d'une proposition de loi. Le ou les députés qui rédigent l'amendement écrivent également un exposé des motifs.

Cet amendement du groupe socialistes et apparentés vise à réécrire totalement l'article unique de la présente proposition de loi afin de réserver la peine complémentaire obligatoire d'inéligibilité aux seuls délits justifiant réellement cette sanction.

En effet dans sa rédaction actuelle, cette proposition de loi étend cette peine complémentaire obligatoire à l'ensemble des délits prévus à l'article 222-13. Or, parmi ces délits on trouve par exemple les violences commises en état d'ébriété même lorsqu'elles n'ont entraîné aucune ITT.

Une telle extension n'apparait pas conforme aux exigences rappelées par le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2017‑752 DC du 8 septembre 2017 qui considère que la peine complémentaire d'inéligibilité se justifie dans deux cas : d'une part pour les crimes et certains délits d’une particulière gravité et, d’autre part, "les délits révélant des manquements à l’exigence de probité ou portant atteinte à la confiance publique ou au bon fonctionnement du système électoral".

Aussi cet amendement propose-t-il d'étendre cette peine d'inéligibilité aux délits suivant : 

- Violences intrafamiliale dont les violences sur le conjoint ;

- Violences sur personnes vulnérables ; 

- Violences racistes, sexistes ou homophobes ; 

- Violation d'une ordonnance de protection prise par le juge aux affaires familiales en cas de violences ; 

- Menaces émises sur conjoint ; 

- Proxénétisme ; 

- Les délits d'atteinte à la vie privée d'autrui par diffusion d'image à caractère sexuel; 

- La proposition sexuelle d'un majeur envers un mineur de 15 ans; 

- L'atteinte sexuelle ; 

- La pédopornographie; 

- Les délits d'appels à la haine et aux discriminations prévus à l'article 24 de la loi de 1881.

Les délits ici choisi répondent aux deux conditions fixées par le juge constitutionnel soit qu'ils soient caractérisés par leur particulière gravité soit qu'ils soient susceptible de porter atteinte à la confiance publique. A cet égard, les violences intrafamiliales répondent indiscutablement à ces deux critères. Le groupe "socialistes et apparentés" prolonge donc ici son combat contre cette forme de violence après notamment la proposition de loi visant à renforcer l’ordonnance de protection de Cécile Untermaier. 

Enfin, il apparait que la peine complémentaire d'inéligibilité mérite d'être étendue aux délits prévus par l'article 24 de la loi de 1881 et tout particulièrement aux propos racistes, appels à la haine... 

 

Source : Amendement sur le site de l'Assemblée nationale

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