LÉGISLATURE 17 - VOTE n° 20

Pérenniser dans le temps la contribution sur les plus hauts revenus (CDHR)

ADOPTÉ
POUR 138
ABSTENTION 68
CONTRE 56

Résultat du vote

Les députés ont adopté le 22 octobre 2024 l'amendement n° 755 de M. Philippe Brun et les amendements identiques suivants à l'article 3 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture).

Au total, 262 députés ont pris part au vote : 53 % ont voté en faveur, 21 % ont voté contre, et 26 % se sont abstenus.

Infos

Date 22 octobre 2024
Type de vote Amendement
Dossier Projet de loi de finances pour 2025

La position des groupes

POUR
Socialistes et apparentés
Gauche Démocrate et Républicaine
Les Démocrates
Écologiste et Social
La France insoumise - NFP
CONTRE
Ensemble pour la République
Droite Républicaine
Horizons & Indépendants

Mieux comprendre le vote

Cet amendement, porté par le député Philippe Brun (socialiste), vise à pérenniser la contribution différentielle sur les plus hauts revenus (CDHR). Il a été discuté dans le cadre du Projet de lois de finances 2025.

La contribution différentielle, présentée par le gouvernement de Michel Barnier, cible les personnes les plus riches (revenu fiscal annuel dépassant 250 000 euros pour un célibataire et 500 000 euros pour un couple) dont le taux d'imposition est actuellement inférieur à 20%. Ces personnes devront alors s'acquitter d'un impôt de minimum 20% de leurs revenus, une mesure qui devrait concerner plus de 24 000 foyers.

Cette contribution exceptionnelle devait initialement prendre fin en 2026. Cet amendement vise à supprimer cette limite dans le temps et rendre la contribution permanente.

Selon les auteurs de l'amendement, l'article initial “proposait d'accepter qu'à compter de 2027, le taux effectif d'imposition des plus riches retombe à ce qu'il est aujourd'hui, bien en dessous de ces 20%. C'est incompréhensible”.

La députée Marianne Maximi (LFI) a soutenu la mesure en séance publique. Selon elle, il est nécessaire que “les plus aisés de notre pays soient mis à contribution de manière permanente, afin de financer nos services publics.” 

Un “impôt temporaire”

Le ministre du Budget et ancien député Laurent Saint-Martin a émis un avis défavorable. Selon lui, c'est un “impôt temporaire”.

La députée Véronique Louwagie (Droite Républicaine), membre de la majorité gouvernementale, a également critiqué cet amendement. Selon elle, ce dispositif est “exceptionnel” et le rendre permanent serait “un très mauvais message envoyé aux Français, lesquels redoutent tout particulièrement l'instabilité fiscale et l'absence de lisibilité”.

Amendement adopté

L'amendement a été adopté. Les groupes du Nouveau Front Populaire (NFP) ont voté en faveur. Une majorité du groupe Les Démocrates (DEM) a également voté pour.

Les députés des groupes Ensemble pour la République (EPR), Droite Républicaine (DR), Horizons et UDR ont voté contre. Le groupe Rassemblement national (RN) s'est abstenu.

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Date 22 octobre 2024
Type de vote Amendement
Dossier Projet de loi de finances pour 2025

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L'auteur de l'amendement

Un amendement est un texte, déposé par un ou plusieurs députés, qui vise à modifier un projet ou une proposition de loi. Il y a un auteur principal, mais un amendement peut être cosigné par plusieurs députés.

Philippe Brun

Philippe Brun

Eure (27)

Les votes des députés et des groupes

Exposé des motifs de l'amendement

L'objectif d'un amendement est de modifier ou d'ajouter une mesure d'un projet ou d'une proposition de loi. Le ou les députés qui rédigent l'amendement écrivent également un exposé des motifs.

Cet article est particulièrement surprenant. Partant du constat récurrent des études économiques que les plus riches paient un taux réel d'impôt sur le revenu largement inférieur à ce que prévoit le droit, il propose d'instaurer une contribution différentielle, visant à faire en sorte que les concernés paient au moins 20% d'impôt sur le revenu, et ce jusqu'en 2026.

En clair, constatant que les plus riches parviennent à éviter le taux normal de l'impôt sur le revenu qui les concerne, qui tend vers 45 %, non seulement le gouvernement se propose de tolérer qu'ils ne paient que 20 %...

... mais en plus, il se propose d'accepter qu'à compter de 2027, leur taux effectif d'imposition retombe à ce qu'il est aujourd'hui, bien en dessous de ces 20 % !

C'est incompréhensible.

Le présent amendement des députés Socialistes et apparentés se propose donc de pérenniser le présent article, en supprimant son extinction en 2026.

Source : Amendement sur le site de l'Assemblée nationale

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