LÉGISLATURE 17 - VOTE n° 9025

L'amendement n° 709 de Mme Hamdane après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (première lecture).

REJETÉ
POUR 28
ABSTENTION 1
CONTRE 92

Résultat du vote

Les députés ont rejeté le 22 octobre 2026 l'amendement n° 709 de Mme Hamdane après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (première lecture).

Au total, 121 députés ont pris part au vote : 76 % ont voté contre, 23 % ont voté en faveur, et 1 % se sont abstenus.

Infos

Date 22 octobre 2026
Type de vote Amendement
Dossier Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027

La position des groupes

POUR
Écologiste et Social
La France insoumise - NFP
Socialistes et apparentés
CONTRE
Les Démocrates
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires
Droite Républicaine
Horizons & Indépendants
Rassemblement National
Union des droites pour la République
Ensemble pour la République

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Date 22 octobre 2026
Type de vote Amendement
Dossier Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027

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L'auteure de l'amendement

Un amendement est un texte, déposé par un ou plusieurs députés, qui vise à modifier un projet ou une proposition de loi. Il y a un auteur principal, mais un amendement peut être cosigné par plusieurs députés.

Zahia Hamdane

Zahia Hamdane

Somme (80)

Les votes des députés et des groupes

Exposé des motifs de l'amendement

L'objectif d'un amendement est de modifier ou d'ajouter une mesure d'un projet ou d'une proposition de loi. Le ou les députés qui rédigent l'amendement écrivent également un exposé des motifs.

Cet amendement du groupe parlementaire La France Insoumise vise à prendre en compte le taux d’intérim dans le calcul des cotisations d’accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP).

En France, le nombre de travailleurs intérimaires au deuxième trimestre 2026 s’élevait à 700 000 personnes. L’intérim, qui concerne en écrasante majorité (76%) des postes ouvriers est concentré dans des secteurs d’activités à forte pénibilité. S’il peut être un choix, l’intérim est souvent une contrainte pour les travailleurs. En effet, d’après l’INSEE seuls 38,6% des travailleurs en intérim déclarent avoir choisi ce type de contrat.

Le collectif de chercheurs auteurs de La condition intérimaire fait état d’une relation triangulaire et complètement asymétrique en place entre les intérimaires, l’entreprise d’intérim et l’entreprise utilisatrice qui tend à invisibiliser les problèmes et à déresponsabiliser les deux entreprises. Cette forme de précarisation de l’emploi a pour conséquence une surexposition aux risques d’accidents du travail et aux maladies professionnelles. En effet, les conditions de travail des intérimaires sont souvent dégradées par rapport aux salariés en poste, du fait du surinvestissement qui leur est demandé, de la répartition de la pénibilité qui fait assumer aux intérimaires le « sale boulot » et de relations de travail marquées par la précarité d’emploi.

Ainsi, les intérimaires sont confrontés à un accès restreint à la médecine du travail, laissés seuls face aux risques psychosociaux auxquels ils sont surexposés et renvoyés à une gestion individualisée de leur propre santé.

Les travailleurs intérimaires sont deux fois plus exposés aux accidents du travail que les salariés en CDI. Cela tient au fait qu’ils sont moins bien protégés, moins bien formés à leur poste de travail, voire qu’on assiste dans certaines entreprises à « une externalisation du risque ». Il existe en effet un véritable manque de traçabilité de carrière et d’exposition aux risques dans le travail temporaire. Les données sont lacunaires, ce qui protège les entreprises. La survenue des maladies professionnelles expose très peu les entreprises ayant recours aux contrats intérimaires, en raison de la brièveté du passage du salarié. La Dares estime également dans une enquête de 2023 que l’insécurité socio-économique peut pousser les salariés intérimaires à moins respecter les consignes de sécurité et à moins déclarer les accidents de travail.

Alors que Lucas Tranchant, sociologue du travail, décrit des entrepôts de logistique franciliens dont les effectifs intérimaires peuvent atteindre 90%, il est nécessaire de désinciter les embauches en intérim, pour refaire du CDI le contrat de base et permettre au plus grand nombre d’accéder à un contrat de travail stable et pérenne, et de renforcer la sécurité des intérimaires.

Enfin, alors que le gouvernement veut faire peser sur les travailleurs le déficit de la branche AT-MP cet amendement vise à faire d'avantage participer les entreprises ayant un recours intensif à l'intérim qui bénéficient largement de l'externalisation du risque et de la gestion sociale et participent à la dérégulation du marché du travail en favorisant les contrats courts à des emplois permanents.

C’est pourquoi cet amendement du groupe parlementaire La France Insoumise intègre le taux de recours à l’intérim dans le calcul des cotisations AT-MP.

Source : Amendement sur le site de l'Assemblée nationale

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