L'amendement n° 1526 de M. Thierry après l'article 8 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (première lecture).
REJETÉRésultat du vote
Les députés ont rejeté le 22 octobre 2026 l'amendement n° 1526 de M. Thierry après l'article 8 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (première lecture).
Au total, 121 députés ont pris part au vote : 67 % ont voté contre, 31 % ont voté en faveur, et 2 % se sont abstenus.
Infos
| Date | 22 octobre 2026 | |
| Type de vote | Amendement | |
| Dossier | Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 |
La position des groupes
Les votes des députés et des groupes
Exposé des motifs de l'amendement
L'objectif d'un amendement est de modifier ou d'ajouter une mesure d'un projet ou d'une proposition de loi. Le ou les députés qui rédigent l'amendement écrivent également un exposé des motifs.
Cet amendement vise à instaurer une taxe de 5 euros par kilogramme sur les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), également qualifiées de « polluants éternels », faisant l’objet d’un contrôle dans les eaux destinées à la consommation humaine, afin de responsabiliser les acteurs économiques qui les mettent sur le marché et de renforcer l’application du principe pollueur-payeur.
Les PFAS constituent une menace majeure pour la santé humaine et l’environnement. Leur extrême persistance dans les milieux naturels, leur capacité à s’accumuler dans les organismes vivants et les risques sanitaires associés à leur exposition en font un enjeu majeur de santé publique.
La contamination des ressources en eau par les PFAS représente une préoccupation particulière, compte tenu de la difficulté et du coût de leur élimination, ainsi que de l’exposition durable des populations. La directive européenne 2020/2184 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine et les dispositions du code de la santé publique prévoient à ce titre le contrôle de plusieurs de ces substances.
Face à cette pollution, le principe pollueur-payeur doit être pleinement appliqué afin de responsabiliser les acteurs économiques qui mettent ces substances sur le marché et d’assurer le financement des politiques de prévention et de protection de la santé.
La taxe proposée s’appliquerait dès la première livraison de ces substances sur le territoire national, ou à leur utilisation dans le cadre d’une activité économique et à la livraison d’équipements qui en contiennent, afin de couvrir un champ suffisamment large d’activités économiques. Le dispositif prévoit des exonérations pour les substances destinées à être détruites ou expédiées hors de France, ainsi qu’un seuil de perception d’un kilogramme.
Enfin, le produit de cette taxe serait affecté à la branche maladie de la Sécurité sociale, afin de contribuer au financement des dépenses de santé liées à la prévention, à la surveillance et à la prise en charge des conséquences sanitaires de l’exposition aux PFAS. Actuellement, selon une étude publiée par la Commission européenne, le coût pour l’Assurance maladie de la prise en charge des maladies imputables aux PFAS (hypothyroïdie, ostéoporose, obésité, maladie rénale chronique, endométriose, infertilité, infections respiratoires, prématurité, cholestérol, maladies du foie, cancers du rein et du testicule…) serait au grand minimum de 400 millions d’euros par an. Il est donc légitime que cette branche de la Sécurité sociale soit compensée par les entreprises à l’origine de ce problème majeur de santé publique.
Il s’agit par la même occasion d’inciter à réduire l’utilisation de ces substances et à développer des alternatives moins nocives.
Source : Amendement sur le site de l'Assemblée nationale