LÉGISLATURE 17 - VOTE n° 3300

Instaurer la taxe Zucman sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros

REJETÉ
POUR 172
ABSTENTION 6
CONTRE 228

Résultat du vote

Les députés ont rejeté le 31 octobre 2025 l'amendement n° 2359 de M. Vallaud et les amendements identiques suivants après l'article 3 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).

Au total, 406 députés ont pris part au vote : 56 % ont voté contre, 42 % ont voté en faveur, et 1 % se sont abstenus.

Infos

Date 31 octobre 2025
Type de vote Amendement
Dossier Projet de loi de finances pour 2026

La position des groupes

POUR
Socialistes et apparentés
Gauche Démocrate et Républicaine
Écologiste et Social
La France insoumise - NFP
CONTRE
Les Démocrates
Ensemble pour la République
Droite Républicaine
Horizons & Indépendants
Rassemblement National
Union des droites pour la République

Mieux comprendre le vote

Les députés ont rejeté un amendement qui visait à instaurer une taxe de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros. Cette taxe, portée par l'économiste Gabriel Zucman, était discutée dans le cadre du Projet de loi de finances (PLF) pour 2026. 

Plus spécialement, l'amendement introduit un nouvel impôt annuel, appelé impôt plancher sur la fortune, visant les contribuables dont le patrimoine dépasse 100 millions d’euros. Cet impôt s’applique aux personnes physiques domiciliées fiscalement en France sur leurs biens situés en France et à l’étranger, ainsi qu’aux non-résidents pour leurs biens situés en France.

Le taux est fixé à 2 % de la valeur nette du patrimoine, mais il est « différentiel » : il ne s’applique qu’à la différence entre ce montant et la somme des autres impôts déjà acquittés (impôt sur le revenu, IFI, taxe foncière, etc.). 

Cette taxe ne s'applique que sur les plus grandes fortunes et devrait toucher environ 1800 foyers.

Les auteurs de l'amendement soulignent le caractère équitable de cette taxe, qui serait nécessaire face à la concentration croissante des richesses (42 % du PIB détenu par les 500 plus grandes fortunes en 2025, contre 6 % en 1996).

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Date 31 octobre 2025
Type de vote Amendement
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La parole aux députés

Sur Datan, les députés peuvent donner leur explication de vote. Pourquoi ont-ils voté pour ou contre ce texte ? Découvrez ci-dessous les explications des députés.

LES DÉPUTÉS POUR

Maxime Laisney - LFI-NFP - Les milliardaires paient en proportion deux fois moins de prélèvements obligatoires que le reste de la population. Cet impôt, exclu de toute exonération, permet d'effacer la régressivité de notre système fiscal qui profite à une minorité privilégiée. Au regard des besoins budgétaires et de l’augmentation considérable de ces patrimoines ces dernières années, cette mesure de justice fiscale est indispensable. Elle permet l’application effective du principe constitutionnel d’égalité devant l’impôt.

Romain Eskenazi - SOC - Il est temps que les plus plus riches de nos concitoyens paient leur juste part d'impôt. En 1996, les 500 plus grandes fortunes françaises détenaient 6% du PIB. C'est 45% aujourd’hui. Correspondant à un prélèvement de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, la taxe ne concernent que 1 800 foyers fiscaux, pour un rendement estimé à 15 milliards d’euros, pesant sur les grandes fortunes héritées. Plus de 80% des Français y sont favorables.

Pierrick Courbon - SOC - La justice fiscale est au cœur de mes votes et de mes engagements. Avec les députés socialistes, j'ai voté en faveur de la taxe Zucman car elle visait exclusivement les 1 800 contribuables possédant plus de 100 millions d’euros de patrimoine, soit 0,01% des Français. Cette contribution visant les ultra riches aurait permis de récolter au moins 15 milliards d'euros pour financer nos services publics et notre modèle social.

LES DÉPUTÉS CONTRE

Jean Moulliere - HOR - J'ai voté contre car un impôt sur la fortune n’a de sens qu’à l’échelle internationale. Cette taxe pousserait les capitaux, les investisseurs et entrepreneurs à l’exil fiscal, elle réduirait notre compétitivité. Dans un contexte budgétaire tendu, la France a besoin de conserver les investissements qui financent l’innovation et l’emploi. Je souhaite privilégier des solutions immédiatement applicables et plus efficaces, comme la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus par exemple.

L'auteur de l'amendement

Un amendement est un texte, déposé par un ou plusieurs députés, qui vise à modifier un projet ou une proposition de loi. Il y a un auteur principal, mais un amendement peut être cosigné par plusieurs députés.

Boris Vallaud

Boris Vallaud

Landes (40)

Les votes des députés et des groupes

Exposé des motifs de l'amendement

L'objectif d'un amendement est de modifier ou d'ajouter une mesure d'un projet ou d'une proposition de loi. Le ou les députés qui rédigent l'amendement écrivent également un exposé des motifs.

Les 500 plus grandes fortunes de France possédaient en richesse l’équivalent de 6 % du PIB en 1996, un chiffre qui est passé en 2025 à 42 % du PIB.

Cet amendement des députés Socialistes et apparentés, en lien avec les travaux menés par l’économiste Gabriel Zucman, vise à instaurer un prélèvement annuel plancher de 2 % pour les contribuables dont le patrimoine net (actifs moins dettes) est supérieur à 100 millions d’euros.

Le mécanisme de la taxe Zucman repose ainsi sur quatre principes :

  • un seuil d'assujettissement fixé à 100 millions d’euros, à partir de ce niveau que le système fiscal devient régressif ;

  • un taux de 2 % sur le patrimoine net, déterminé économiquement comme le taux nécessaire pour que le taux de prélèvement obligatoire sur les plus grandes fortunes soit au moins égal à celui des autres tranches de revenus ;

  • une assiette composée de l'intégralité de la fortune, permettant d'éviter les tentatives d'optimisation ;

  • une taxe "différentielle", de laquelle est soustraite les impôts déjà acquitté par l'individu, affectant dès lors en priorités ceux pratiquant une optimisation agressive.

 

La taxe Zucman sur le patrimoine des ultra-riches devrait concerner environ 1 800 foyers fiscaux et dégager un rendement annuel estimé entre 15 et 25 milliards d’euros.


Sur la question de la constitutionnalité de la mesure visée par le présent amendement, il est à noter que la jurisprudence constitutionnelle (notamment la décision n°2010-99 du 11 février 2011) autorise le législateur à « faire obstacle à ce que [les] contribuables n'aménagent leur situation en privilégiant la détention de biens qui ne procurent aucun revenu imposable ; [en fondant] son appréciation sur des critères objectifs et rationnels en rapport avec les facultés contributives de ces contribuables » sans que cela ne porte atteinte au principe d’égalité devant les charges publiques, y compris à la jurisprudence en matière de caractère confiscatoire de l’impôt.


La taxe Zucman est soutenue par sept prix Nobel d’économie :

· Daron Acemoglu (MIT), Prix Nobel d’économie 2024 ;

· ⁠George Akerlof (Georgetown), Prix Nobel d’économie 2001 ;

· ⁠Abhijit Banerjee (MIT), Prix Nobel d’économie 2019 ;

· Esther Duflo (Collège de France et MIT), Prix Nobel d’économie 2019 ;

· Simon Johnson (MIT), Prix Nobel d’économie 2024 ;

· ⁠Paul Krugman (CUNY), Prix Nobel d’économie 2008 ;

· ⁠Joseph Stiglitz (Columbia), Prix Nobel d’économie 2001.

Source : Amendement sur le site de l'Assemblée nationale

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