LÉGISLATURE 17 - VOTE n° 7900

L'amendement n° 113 de Mme Cathala à l'article premier du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes (première lecture).

REJETÉ
POUR 29
ABSTENTION 20
CONTRE 137

Résultat du vote

Les députés ont rejeté le 30 juin 2026 l'amendement n° 113 de Mme Cathala à l'article premier du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes (première lecture).

Au total, 186 députés ont pris part au vote : 74 % ont voté contre, 16 % ont voté en faveur, et 11 % se sont abstenus.

Infos

Date 30 juin 2026
Type de vote Amendement
Dossier Projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes

Résumé de l'amendement

Cet amendement vise à supprimer la procédure de jugement des crimes reconnus (PJCR), qui permet aux personnes accusées de crimes d'être jugées sans procès complet en cas de reconnaissance préalable de culpabilité, sur le modèle de ce qui existe actuellement pour les délits.

Ce texte est un résumé de l'exposé des motifs.

La position des groupes

POUR
Gauche Démocrate et Républicaine
La France insoumise - NFP
CONTRE
Écologiste et Social
Les Démocrates
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires
Droite Républicaine
Horizons & Indépendants
Rassemblement National
Union des droites pour la République
Ensemble pour la République

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Date 30 juin 2026
Type de vote Amendement
Dossier Projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes

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L'auteure de l'amendement

Un amendement est un texte, déposé par un ou plusieurs députés, qui vise à modifier un projet ou une proposition de loi. Il y a un auteur principal, mais un amendement peut être cosigné par plusieurs députés.

Gabrielle Cathala

Gabrielle Cathala

Val-d'oise (95)

Les votes des députés et des groupes

Exposé des motifs de l'amendement

L'objectif d'un amendement est de modifier ou d'ajouter une mesure d'un projet ou d'une proposition de loi. Le ou les députés qui rédigent l'amendement écrivent également un exposé des motifs.

Par cet amendement, les député.es du groupe LFI souhaitent supprimer la procédure de jugement des crimes reconnus (PJCR).

La PJCR entend déployer le mécanisme de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) existant en matière délictuelle à la matière criminelle. Ce faisant, elle confisque le procès pénal et met à mal l’ensemble des garanties procédurales fondamentales de la justice criminelle qui permettent un procès équitable.

L’oralité des débats dans la procédure criminelle a des vertus essentielles. Toute l’audience et le délibéré sont construits autour de ce principe. Il garantit le respect du contradictoire en imposant que tous les éléments soient apportés au contradictoire, ce qui protège notamment les droits de la défense. L’oralité garantit ensuite la formation de l’intime conviction des juges, qui lors de l’audience évaluent les propos, les témoins, les experts au-delà du fond et des écrits et permet aux juges de percevoir le langage non verbal nécessaire à la construction de cette intime conviction. Enfin cette oralité permet à chaque partie de prendre conscience de la situation, et cette oralité peut permettre à des victimes d’expérimenter le caractère cathartique du procès.

Le PJCR repose sur la conviction que l’aveu est suffisant, et déterminant, pour régler une affaire au fond. D’une part, l’aveu n’est jamais suffisant en soi, la CNCDH le rappelle dans son avis que « instaurer des dispositifs de transaction dans le processus de justice pénale présente, en l’absence d’encadrement suffisant, le risque de substituer à une vérité judiciairement établie une vérité simplement négociée ». Or, l’accusé n’est jamais dans une situation d’égalité avec le procureur. L’expérience de la CRPC nous le montre : l’accusé et son avocat disposent en réalité de quelques minutes pour décider d’accepter ou non l’offre du parquet. Les expériences étrangères abondent dans cette réalité et montrent que le taux d’erreur judiciaire est massif dans les pays qui ont recours au plaider coupable.

Enfin, le Syndicat de la Magistrature nous alerte : cette logique de négociation implique aussi l’accentuation des inégalités face à la justice. Le « capital procédural » des individus n’est pas le même en fonction de sa situation ou de sa classe sociale. À ce titre, le PJCR risque de devenir un outil de répression entre les mains des parquets à l’encontre de populations déjà soumises aux violences institutionnelles.

Sous couvert de vouloir mettre fin à l’embolie réelle de la justice criminelle en France, cette mesure se contente de répondre par de la gestion de flux. S’il y a trop de procès et d’audiences, autant les éviter. Or, c’est un déni depuis 10 ans que le rapport Urvoas a présenté l’état de « clochardisation » de la justice et rien d’ambitieux n’a été proposé par les différents gouvernements. Cette vision gestionnaire est délétère et elle met à mal l’édifice pénal et qui, contrairement aux propos du ministre de la Justice, ne répondra pas aux attentes des victimes.

Source : Amendement sur le site de l'Assemblée nationale

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