L'amendement n° 2086 de M. Coquerel après l'article 26 du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).
REJETÉRésultat du vote
Les députés ont rejeté le 03 novembre 2026 l'amendement n° 2086 de M. Coquerel après l'article 26 du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).
Au total, 163 députés ont pris part au vote : 69 % ont voté contre, 31 % ont voté en faveur, et 0 % se sont abstenus.
La position des groupes
Les votes des députés et des groupes
Exposé des motifs de l'amendement
L'objectif d'un amendement est de modifier ou d'ajouter une mesure d'un projet ou d'une proposition de loi. Le ou les députés qui rédigent l'amendement écrivent également un exposé des motifs.
Par cet amendement d’appel, le groupe la France insoumise souhaite ouvrir le chantier d'une refonte de la taxe foncière afin de la rendre plus juste.
L'an dernier, le gouvernement voulait encore l'alourdir pour 7,4 millions de logements soit 25% des maisons et 15% des appartements pour une hausse représentant en moyenne 63€ de plus par logement.
Si le gouvernement a renoncé à cette mesure, il n’empêche que sous forme actuelle, la taxe foncière reste un impôt déjà profondément inégalitaire puisque les 20% de propriétaires les plus modestes y consacrent 4% de leurs revenus, contre 1,6% pour les plus riches. Rapportée au patrimoine, la taxe pèse jusqu'à 10% pour les ménages qui ont recours à l'emprunt, contre 0,01% pour les grands multipropriétaires.
En 10 ans, elle a également augmenté deux fois plus vite que l'inflation, pour atteindre en 2024 1 072€ en moyenne pour une maison et 851€ pour un appartement notamment car les communes n’ont plus d'autre levier fiscal depuis la suppression de la taxe d'habitation.
En conséquence, aujourd’hui, un propriétaire modeste endetté sur 20 ans pour sa petite maison paie autant qu'un investisseur fortuné possédant des dizaines de biens totalement amortis.
Nous proposons donc de refonder cet impôt : il serait calculé sur l'ensemble du patrimoine net (immobilier et financier, dettes déduites), avec un barème progressif, qui garantirait une contribution symbolique aux ménages modestes et une contribution accrue aux plus fortunés.
Cet amendement d'appel propose ainsi une majoration pour les patrimoines nets supérieurs à 800 000€, seuil de la première tranche de l'ancien ISF, au bénéfice direct des communes et intercommunalités.
Cette réforme s'appliquera dans le cadre de l'instauration d'un dispositif de péréquation entre les communes sur les ressources supplémentaires dégagés par le haut du barème.
Il s'agit de faire de la taxe foncière un véritable impôt local de solidarité, aligné sur les capacités réelles des contribuables, et de redonner aux collectivités des ressources financières.
Source : Amendement sur le site de l'Assemblée nationale