LÉGISLATURE 17 - VOTE n° 3684

Suspension de la réforme des retraites jusqu'au 1er janvier 2028

ADOPTÉ
POUR 255
ABSTENTION 104
CONTRE 146

Résultat du vote

Les députés ont adopté le 12 novembre 2025 l'article 45 bis (examen prioritaire) du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (première lecture).

Au total, 505 députés ont pris part au vote : 51 % ont voté en faveur, 29 % ont voté contre, et 21 % se sont abstenus.

Infos

Date 12 novembre 2025
Type de vote Article
Dossier Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026

La position des groupes

POUR
Socialistes et apparentés
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires
Écologiste et Social
Rassemblement National
CONTRE
Gauche Démocrate et Républicaine
Droite Républicaine
Horizons & Indépendants
La France insoumise - NFP
Union des droites pour la République

Mieux comprendre le vote

Les députés ont voté en faveur de la suspension de la réforme des retraites jusqu'au 1er janvier 2028, par 255 voix contre 146. Cette décision a été adoptée dans le cadre du Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026.

Concrètement, cette décision gèle l'âge de départ à la retraite à 62 ans et 9 mois, au lieu de le faire progresser vers 64 ans comme prévu initialement. La réforme, entrée en vigueur en septembre 2023 après son adoption via l'article 49-3, devait augmenter progressivement l'âge de départ de trois mois par génération. Avec cette suspension, environ 3,5 millions de personnes pourront partir trois mois plus tôt qu'initialement prévu.

"Hérésie budgétaire"

Les débats ont été particulièrement tendus à l'Assemblée nationale. Pour Sylvain Berrios, député Horizons, cette suspension est une "hérésie budgétaire". En effet, la suspension de la réforme coûtera environ 300 millions d'euros supplémentaires en 2026 et 1,9 milliard en 2027.

Les groupes Rassemblement national, Socialistes, Ecologistes et social, ainsi que LIOT ont voté en faveur de cette suspension. Le vote illustre également aussi une division au sein du bloc macroniste, avec l'abstention des groupes EPR et des Démocrates, tandis que le groupe Horizons a voté contre.

Le groupe France insoumise a voté contre cette disposition, estimant que la suspension n'allait pas assez loin. "En réalité, ce n'est pas une suspension, c'est un petit décalage d'un an de la réforme de la retraite à 64 ans", a expliqué Aurélie Trouvé, député LFI, sur franceinfo. Le groupe défend une abrogation de la réforme des retraites.

Passage au Sénat

Cette adoption n'est pas définitive : l'ensemble du projet de loi de financement de la sécurité sociale doit maintenant être examiné par le Sénat avant de revenir à l'Assemblée nationale pour un vote final.

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Date 12 novembre 2025
Type de vote Article
Dossier Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026

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La parole aux députés

Sur Datan, les députés peuvent donner leur explication de vote. Pourquoi ont-ils voté pour ou contre ce texte ? Découvrez ci-dessous les explications des députés.

LES DÉPUTÉS POUR

Romain Eskenazi - SOC - Après 2 ans de bataille citoyenne, politique et syndicale, le parti socialiste a obtenu la suspension de la réforme des retraites jusqu’aux élections présidentielles. Une première étape avant l’abrogation que nous défendons. Ce sont 3,5 millions de personnes qui vont pouvoir partir plus tôt à la retraite.

Nicolas Dragon - RN - J'ai voté pour la suspension parce que depuis le début j'étais contre la réforme. Les macronistes artisans de la retraite à 64 ans ont accepté la suspension par peur de retourner aux urnes ; LFI, favorable à l’abrogation de la réforme des retraites ont refusé de permettre aux Français de partir un tout petit peu plus tôt à la retraite. Seul le Rassemblement National est cohérent et pôle de stabilité : nous défendons toutes avancées, aussi petites soient-elles, au bénéfice des Français.

LES DÉPUTÉS CONTRE

Maxime Laisney - LFI-NFP - Cette « suspension » ne prévoit qu’un « départ anticipé » de trois mois pour quelques générations de salariés. Elle décale la mise en œuvre de la retraite à 64 ans pour les autres, sans en remettre en cause le principe. Or je défends une abrogation complète de cette réforme adoptée en force, contre la majorité des Français et de la représentation nationale. Je refuse par ailleurs que ce décalage soit financé par des mesures d'austérité telles que la sous-indexation des pensions de retraite.

René Pilato - LFI-NFP - Il ne s'agit pas d'une suspension mais d'un décalage de 3 mois pour les générations 1964-1968. En réalité, aucun français ne sera gagnant, ni même les générations 1964-1968. Après l’arnaque du conclave de Bayrou, voici l’arnaque de la fausse suspension facturée sur le dos des français et des retraités eux-mêmes. Retrouvez l'explication de vote sur le site du député de Charente René Pilato : https://renepilato.fr/2025/11/15/retraites-pas-une-suspension-une-arnaque/

Jean Moulliere - HOR - J'ai voté contre car notre système par répartition est à bout de souffle : il ne peut plus tenir durablement avec seulement 1,8 cotisant pour 1 retraité, contre 4,1 à l’origine. Pour préserver notre modèle social, nous devons être davantage et plus longtemps au travail. La réforme de 2023 n’est pas parfaite, mais indispensable pour garantir l’équilibre du système. J'ai fait le choix de la vérité, de la responsabilité et de l’avenir : sans équilibre financier, il n’y a pas de justice sociale.

Les rapporteurs

Le rapporteur d'un projet ou proposition de loi est en charge d'étudier en profondeur le texte et de guider ses collègues parlementaires dans son examen. Le rapporteur peut également donner son avis sur tous les amendements déposés sur le texte.

Les votes des députés et des groupes

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